SuperBoom Records

DJ Pharoah, le vinyle au bout des doigts

Quand on appelle DJ Pharoah pour savoir si on peut se rencontrer, il nous dit :
«Pas de soucis on peut se caler chez Monsieur Machin si tu veux».
Un mardi matin, on affronte la grisaille nantaise pour discuter dans ce lieu chaleureux.
Il en ressort une petite interview biographie Big City Life pour chiller sur fond de mix «Funk the France» by DJ Pharoah bien sûr… Qui a dit que le vinyle était mort depuis que DJ Premier s’est payé un Serato ?

BCL : Je vais commencer par faire rapidement ta biographie, tu me dis vrai ou faux et tu me corriges si je me suis planté dans mes recherches : Tu es né le 16 décembre 1973 à Nantes ?

DJ Pharoah : C’est vrai.

BCL : Grand passionné de musique, c’est ton oncle qui dès l’âge de 5, 6 ans te fait écouter des vinyles et te fais chiner dans les brocantes ?

DJ Pharoah : Exactement.

BCL : Tes influences : Georges Clinton, Led Zep, James Brown, Grand Master Flash, Gill Scott Heron ?

DJ Pharoah : Oui, c’est vrai!

«Funk de France comme clin d’œil à la culture française »

BCL : Tes influences en terme de musique française ?

DJ Pharoah : J’écoute de la bossa nova chantée en français, les musiques disco françaises, des musiques de films… J’ai fait un mix qui s’appelle «Funk de France» qui dure deux heures, qui a pas mal d’écoutes et qui vieillît bien dans le temps. C’est des chansons exclusivement de production française qui peuvent être parfois chantées en anglais. Je voulais justement faire un petit clin d’œil à toute cette culture et toutes ces richesses qu’on a en France.

BCL : Tes premières scènes, les booms de collège ???

DJ Pharoah (rires) : C’est venu naturellement le côté DJ vu que j’aimais bien le son. Quand j’étais chez moi j’enregistrais des K7 à la radio et dans les booms j’avais déjà des gouts affirmés donc c’est moi qui passais mes K7…

BCL : Plus tard, tu rencontres à Nantes un autre DJ plus reggae pour le coup en la personne d’Abubakar et tu décides en 1998 d’ouvrir le magasin rue du Maréchal Joffre Oneness Records.

DJ Pharoah : Avec Abu, on s’est associés parce qu’on était complémentaires. Lui pour la partie reggae et moi pour le côté Hip Hop, Soul et les musiques plus groove au sens large.

BCL : Et on y trouve exclusivement des Vinyles ?

DJ Pharoah : Oui vinyles avec un petit peu de dépôt de CD mais ça reste une boutique de vinyles avec de la Funk, de la Soul, du Hip Hop, du Reggae pour tous les passionnés de musique qui aiment vraiment le vinyle. Et en parallèle on essaye d’expliquer  « pourquoi le vinyle. »

BCL : La même année (1988) tu crées également le Funky Saturday. Comment ça s’est passé ? Tu as lancé le magasin et la soirée en même temps ?

DJ Pharoah : Tout c’est monté un peu naturellement. On a commencé à « La Route du Rhum ». C’était un petit bar-bateau à Waldeck Rousseau sur l’Erdre. A l’époque, je jouais le mercredi ou le jeudi puis on m’a proposé de jouer le vendredi et après le samedi. C’est là qu’on a trouvé un concept de soirée avec DJ Bozee : La Funky Saturday. Les soirées étaient vraiment remplies avec une énergie complétement folle, de la condensation qui ruisselait sur les murs et les gens qui tapaient contre les parois… c’était vraiment hystérique et assez impressionnant ! Le samedi 28 septembre on fête les 15 ans de la Funky Saturday au « Rond Point », ça s’annonce très chaud…

Rap, danse hip hop, graffitis : «On a besoin de faire des ponts pour unifier le mouvement»

BCL : Ensuite tu deviens DJ à Hip OPsession et tu es également le DJ de la compagnie Engrenage basée à Rennes. Comment ça s’est fait ces collaborations ?

DJ Pharoah : Pour Hip OPsession, c’est eux qui sont venus me trouver. Dans l’univers musical dans lequel je suis, je suis amené à rencontrer des danseurs, comprendre leur danse et trouver des sons qui vont les faire danser le mieux possible. Et ça m’a permis de mieux assimiler toutes les danses…

BCL : Au Hip OPsession, faut rappeler que tu mixes pour les Batlles ?

DJ Pharoah : Ouai pour les battles de danse debout. C’est différent du breakdance qui est venu un petit peu après. Dans les années dans les années 70 il y avait le funk style. Une danse plus funky que le break qui est né avec le mouvement hip hop. C’est justement ce que j’explique avec la compagnie Engrenage. On raconte l’histoire des musiques et des danses.

BCL : Et avec la compagnie Engrenage, comment ça s’est fait ? 

DJ Pharoah : Ils sont venus à une de mes soirées pour danser. Le contact s’est fait vraiment naturellement. On a tout de suite accroché et on a vu qu’on allait dans la même direction. Et il y a eu un moment, où ils ont eu besoin d’un DJ, ils m’ont appelé.
Du coup, avec eux, je fais deux projets : «La Conférence» où on explique l’historique des danses Hip Hop et Funk et «Le Bal Funk» avec deux danseurs qui font faire des pas de danse aux gens. Tout le monde fait les mêmes mouvements en même temps et l’ambiance part directement, c’est terrible.

BCL : Justement, vu que tu es en lien avec la danse, je voulais savoir si tu percevais la culture urbaine dans un ensemble et si tu avais réalisé des performances avec des graffeurs ?

DJ Pharoah : Oui, j’ai déjà fait ça plusieurs fois. Souvent dans les évènements hip hop il y a des jam session graff. Je connais d’ailleurs pas mal de graffeurs et ça va très bien ensemble (le style de son et puis l’esprit hip hop). C’est un état d’esprit avant tout.

BCL : Mais un moment il y a tout de même eu le graffiti qui est monté un peu en flèche et en parallèle la musique hip hop qui était de plus en plus décriée…

DJ Pharoah : C’est vrai que ce sont deux mondes un peu différent mais qui font parti de la même culture. On a besoin de faire des ponts entre les deux pour unifier le mouvement…


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